Le cordonnier le plus mal chaussé
Je m'appelle Christian, je suis le fondateur de To Bill. À côté, j'ai une raison individuelle à Genève, Fast Digital, qui n'est pas assujettie à la TVA. Sa comptabilité est tenue dans To Bill, bien sûr. Et en octobre 2026, j'ai dû l'admettre : elle était pleine d'erreurs.
Pas des fraudes. Des erreurs ordinaires, de celles qu'on fait quand on tient ses livres le soir, entre deux projets, en se disant qu'on regardera ça de plus près plus tard.
J'ai demandé à Claude, l'assistant IA d'Anthropic, de remettre de l'ordre. Il a travaillé dans To Bill, avec moi : il lisait les livres, m'expliquait ce qu'il trouvait, proposait la correction, et je décidais. Voici ce qu'il a trouvé. Je ne donne ici aucun montant de mon activité : juste le nombre et la nature des erreurs, parce que ce sont elles qui comptent.
Ce que l'IA a trouvé dans mes livres
Un paiement client compté deux fois
Un même paiement d'un client figurait deux fois dans mes produits. Mon chiffre d'affaires était gonflé d'autant, et rien ne le signalait d'emblée : les deux écritures avaient l'air parfaitement normales.
Le doublon a été corrigé. Dans To Bill, une écriture comptabilisée ne s'efface pas : elle s'extourne, et la trace de l'erreur reste dans le journal.
Sept justificatifs comptabilisés une seconde fois
Sept dépenses avaient été comptabilisées depuis leur justificatif, puis une seconde fois depuis la ligne bancaire de leur paiement. Mes charges comptaient donc sept achats de trop.
La bonne pratique est simple : une dépense déjà comptabilisée se rapproche de sa ligne bancaire, elle ne se recomptabilise pas.
Du privé « ignoré » au lieu du compte 2850
Quelques dépenses privées avaient été payées avec le compte de l'entreprise. Au rapprochement, je les avais marquées « ignorées », comme si elles n'existaient pas.
Or dans une raison individuelle, une dépense privée payée par le compte de l'entreprise reste un mouvement de ce compte. Elle se comptabilise sur le compte privé, le 2850. L'ignorer, c'est laisser le compte bancaire des livres s'écarter du relevé.
Des paiements TWINT sur le mauvais compte
Des paiements TWINT reçus sur mon compte personnel avaient été enregistrés sur le compte bancaire de l'entreprise. Mes livres montraient donc, sur la banque de l'entreprise, de l'argent qui n'y était jamais arrivé. La correction les a sortis de ce compte.
Des remboursements traités comme des rabais
Des remboursements d'Infomaniak avaient été comptabilisés comme des rabais sur achats. Un remboursement n'est pas un rabais : il annule l'achat qu'il rembourse. La différence ne se voit pas forcément dans un total, mais elle fausse le détail de vos charges.
De la TVA sans assujettissement
Les mensualités du financement de mon ordinateur portable avaient été comptabilisées comme une charge, avec de la TVA. Deux erreurs en une. Fast Digital n'est pas assujettie : il n'y a donc pas d'impôt préalable à récupérer. Et une mensualité rembourse un emprunt : elle diminue la dette au bilan, ce n'est pas une charge.
Des règles bancaires apprises de travers
Les règles bancaires de To Bill proposent un compte pour chaque nouvelle ligne du relevé. Les miennes avaient appris à partir de mon ancien plan comptable, un plan maison. Chaque nouvelle ligne héritait de l'erreur. Il a fallu corriger les règles elles-mêmes, en plus des écritures.
1.42 franc d'écart
À la fin, il restait 1.42 franc d'écart entre le grand livre et la banque. Une broutille ? Non : un écart, même petit, dit que quelque chose est faux. Claude l'a retrouvé. Certaines dépenses avaient été comptabilisées au montant du justificatif, et non au montant réellement débité par la banque. Pour un compte bancaire, c'est le relevé qui fait foi.
Le résultat
| Ce qui a été fait | Combien |
|---|---|
| Lignes bancaires rapprochées | environ 200 |
| Paiement client compté deux fois | 1, corrigé |
| Justificatifs comptabilisés une seconde fois | 7, corrigés |
| Score de santé des livres | de 80 à 88 |
Le score de santé des livres de To Bill, qui résume les contrôles de cohérence de la comptabilité, est passé de 80 à 88.
Chaque erreur est devenue une amélioration
Ce qui me frappe le plus, c'est que mes erreurs n'ont rien d'exotique. Ce sont celles de beaucoup d'indépendants : des doublons, du privé mal classé, de la TVA là où elle n'a rien à faire, des montants de justificatif à la place du montant bancaire.
Chaque correction est devenue une amélioration de To Bill, pour tous les clients. On en retrouve l'esprit dans les règles que To Bill donne aujourd'hui à tout assistant qu'on lui connecte : corriger par extourne ou par une nouvelle écriture, comptabiliser le privé d'une raison individuelle sur le compte 2850 plutôt que de l'ignorer, ne pas comptabiliser de TVA pour une entreprise qui n'y est pas assujettie, et tenir le relevé bancaire pour la vérité des comptes bancaires.
À votre tour, avec votre Claude ou votre ChatGPT
Ce ménage, je l'ai fait avec Claude travaillant dans To Bill. Depuis le 18 octobre 2026, le connecteur MCP de To Bill permet à chaque client de faire la même chose depuis son propre Claude ou ChatGPT :
- Ajoutez l'adresse
https://app.tobill.ch/mcpdans votre assistant (sur claude.ai : Customize › Connectors › Add custom connector ; dans ChatGPT, en mode développeur). - Autorisez votre entreprise sur la page de To Bill, en « Lecture seule » ou en « Lecture et modification ».
- Demandez-lui : « Remets de l'ordre dans ma compta ».
Il n'a jamais plus de droits que vous, il vous demande votre accord avant chaque modification, et chaque écriture qu'il passe porte votre nom suivi du sien, par exemple « via Claude ». Vous coupez l'accès quand vous voulez, dans Paramètres › Connexions IA et API. Le pas à pas pour chaque assistant est dans le guide Connecter Claude, ChatGPT ou un autre assistant IA, et ce que l'assistant reçoit est expliqué sur la page L'IA dans To Bill.
Deux conseils, pour finir. Commencez en « Lecture seule » : vous verrez ce qu'il trouve avant de le laisser corriger. Et gardez votre fiduciaire dans la boucle : la comptabilité de To Bill est encore une fonctionnalité expérimentale, et une IA ne remplace pas le regard d'un professionnel avant une déclaration.
Christian Da Silva, fondateur de To Bill